Je vous informe que j’ai saisi le procureur avant la parution de votre article qui reprend les informations de mon blog diffusé le 19 mai 2012 concernant des détournements de fonds à la Régie de Quartier par la secrétaire de direction qui est par ailleurs conseillère municipale. J’ai en effet appris il y a quelques jours des problèmes financiers de la régie et des détournements. J’ai refusé de citer nommément la personne bien qu’elle avait reconnu les faits car n’ayant eu confirmation de la ville j’estimais qu’il fallait respecter la présomption d’innocence mais cette élue a reconnu auprès de votre journaliste les faits. Dans cette affaire ce qui m’intrigue encore une fois c'est le manque de transparence de la direction mais aussi celui de la municipalité qui indirectement confirme mes dires en séances du conseil municipal à savoir qu’un maire, son exécutif local et la municipalité ne peuvent se désintéresser du sort des fonds publics d’autant plus que souvent se sont des élus de la majorité qui sont à la tête de telles structures associatives qui bénéficient de fonds publics important. Je dirais pour ma part comme Monsieur Jospin que « Je ne suis ni moraliste, ni juge » mais le silence de la majorité à ce sujet crée un profond malaise.
J’ai déjà par le passé exprimé publiquement mais aussi directement à certaines associations dites paramunicipales le risque de gestion de fait pour ce type de structures qui reçoivent beaucoup de subventions publiques et qui sont dirigées par des élus. J’avais déjà évoqué ce risque pour la régie de Quartiers qui reçoit d’important fonds publics de la ville, est dirigée par un fonctionnaire de la ville, présidée par une adjointe au maire et où les élus sont largement représentés dans les instances dirigeantes. J’avais également évoqué l’incompatibilité, selon moi, du maintien à cette emploi de Mme Ajuto une fois élue conseillère municipale. Mes arguments furent à l’époque rejetés.
Il reste beaucoup de questions sans réponses dans cette affaire. Je ne comprends pas le silence de la direction de l’association mais aussi de la municipalité devant la gravité des faits qui demande une condamnation ferme. La présidente qui est aussi adjointe au maire à l’insertion ainsi que les élus membres du bureau qui ont décidé du licenciement de Mme Ajuto auraient dû en informer immédiatement le Procureur de la République en vertu de l’article 40 du code de procédure pénal qui dispose que « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. » Pourquoi attendre pour en parler ?
Mercredi 30 mai 2012, j’ai soulevé le sujet lors de la commission communale sur les affaires culturelles et associatives en  mairie de Grande-Synthe. J’y ai demandé aux élus et aux techniciens des services s’ils étaient au courant des détournements de fonds à la Régie de Quartiers, la réponse fut « non » suivi d’un silence lourd. Pourtant, certains élus présents à cette commission sont membres du bureau de l’association et ne pouvait l’ignorer. Pourquoi ce silence ? Dans cette affaire, il ne s’agit pas d’un emprunt à taux 0 de l’élue qui pourra rembourser petit à petit. C'est à la justice de décider des suites à donner à cette affaire pour des faits qui sont d’autant plus graves qu’il y a circonstance aggravante car cette personne en tant qu’élue est dépositaire de l’autorité publique.
Je ne préjuge pas de ce que va dire la justice, mais je demande à Mme Ajuto, qui soutient ouvertement M. Hutin, le candidat sortant à la députation de mettre en application ses valeurs qu’elle dit défendre et l’application strict de la jurisprudence mise en place au PS en démissionnant de son poste de conseillère municipale. 
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