Même si les attentats de mars 2012 à Toulouse ne sont pas comparables, les Dunkerquois et les Grand-Synthois en particulier, comprenaient la psychose des Habitants de Toulouse qui étaient dans l'attente de l'arrestation du criminel.

La nuit du 04 octobre 2002, Il y a dix ans, nous avions connu la même chose, ce soir où un criminel voulait faire son tableau de chasse en tirant sur tous les maghrébins qu’il rencontrait sur sa route (café des Mouettes de Petite-Synthe, du Narval à Grande-Synthe, lieux fréquentés par des Maghrébins). En mars 2012, à la vue de n’importe quel scooter on prenait peur à Toulouse, à l’époque à Grande-Synthe c’était à la vue d’un 4X4 qu’on prenait peur. On hésitait à envoyer les enfants à l’école. Mais il y eu moins de victime (1 mort et trois blessés) et le coupable, qui n’est pas militaire, fut retrouvé dans les 48h. Le crime raciste fut reconnu par toutes les autorités de l'état et le coupable condamné.

Cette nuit du 04 octobre 2002, je n'oublierai pas les coups de fusil que j'ai entendus étant à côté du lieu de crime odieux et raciste, derrière le centre commercial Saint-Jacques. Le nombre de victime aurait pu être plus important. Ce soir-là, ce criminel blesse mortellement depuis son 4X4, à coups de fusil un jeune grand-synthois de 17 ans, alors qu’il se trouvait avec des amis devant un café fréquenté par des Maghrébins, le Narval rebaptisé aujourd'hui le Sulky. Plus tôt dans la soirée, toujours par la vitre baissée de son 4X4, il avait fait feu sur les clients d’un autre café lieu de rassemblement de Maghrébins, avenue de Petite-Synthe à Dunkerque : trois personnes blessées.

Cette nuit du 04 octobre 2002, c’est n’importe lequel de nous, Grand-Synthois ou Dunkerquois qui aurait pu tomber car la barbarie quand elle touche ses victimes est aveugle elle ne fait aucune distinction. Tourner la page de ce triste événement de notre histoire locale ce n’est pas l’oublier. Aujourd’hui, beaucoup de Grande-Synthois veulent occulter ces événements comme s’ils voulaient arracher cette page de notre histoire mais sans cette page nous ne pouvons comprendre notre présent. C’est pour cela que depuis des années des citoyens et moi-même militons pour qu’une rue porte le nom de ces événements et qu’une stèle soit déposée à Grande-Synthe. J'ai déjà proposé un nom de rue en séance de conseil municipal. J'ai proposé que la rue où ce jeune est tombé porte son nom. Mais la majorité a rejeté ma proposition en disant qu'il fallait l'accord de la famille, que je respecte. Soit, alors j'ai proposé que cette rue ou une autre porte symboliquement le nom de "rue du 04 octobre 2002".

Pour cette nuit du 04 octobre 2002, je vous refais solennellement cette demande monsieur le maire dix ans après. Il n'y a aucune récupération politique de ma part.  Et si certains veulent en faire une récupération politique c'est leur problème je n'ai pas a juger tant que l'on répare notre erreur du passé. En 2002, j'étais présent sur les lieux et j'avais organisé une marche silencieuse avec des amis le lendemain du crime. J'étais ce jeune que le commissaire Estier, qui travaille pour la ville aujourd'hui mais qui à l'époque était commissaire de Dunkerque, à qui il demandait l'itinéraire de la marche silencieuse avant qu'il soit pris à parti par des jeunes de qui nous le protégions. J'étais ce jeune qui, à la fin de la marche, a traduit les paroles de responsables de la communauté musulmane devant la maison du jeune tombé injustement la veille. Vous voyez il y a un engagement constant depuis dix ans sur ce sujet avant même que je me lance en politique en 2008. Je réfuterai donc toujours l'argument et l'accusation indigne que l'on me prête à savoir une récupération politique. Cette demande d'une stèle ou d'un nom de rue en mémoire à cette nuit-là, je l'ai faite quelques jours ce crime, auprès de vous monsieur le maire en tant que citoyen et habitant de la ville. J'avais 22 ans et j'étais à l'époque un inconnu du public. J’ai réitéré cette demande quelques mois plus tard auprès de votre directeur de cabinet d'alors, Monsieur Jérôme Notebaert. Vous comprendrez pourquoi cet événement et la réponse qui y fut donnée, ou plutôt le manque de réaction, m'a poussé à m'engager dans la vie de ma cité. Alors ceux qui veulent m'insulter de politicard et vouloir faire de la récupération politique, je les laisse aboyer car souvent se sont ceux qui ont des choses à se reprocher qui veulent qu'on oublie. Nous nous n'oublions pas !

Cette revendication ne devrait pas faire polémique surtout en ces temps difficiles de crise où l’autre, l’étranger est considéré comme responsable de tous les maux de la société. Personne n’est à l’abri des idées racistes. Qui pouvait penser que ce père de famille serait passé à l’acte. Commémorer ces événements c’est aussi permettre aux gens de comprendre que les idées d’extrême droite ou extrémistes de quelque bord que se soit, tuent.

 

C’est pour cela que cette année encore, et encore plus cette année, je vous demande monsieur le Maire et à vous les présidents d'association antiracisme de vous joindre à mon appel et d'organiser une commémoration de cette terrible nuit du 04 octobre 2002, dix ans après en mettant de côté nos étiquettes politiques, nos convictions personnelles et de s'unir en tant que simple citoyens pour se recueillir.

Je reste à votre disposition pour organiser cet événement.

 

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