Sans-titre-copie-3.pngEn ce début de mois d’août, il me semblait nécessaire de revenir sur le débat qui a eu lieu à l'Assemblée Nationale concernant la guerre en Libye et non la révolution comme on veut nous le faire croire. Je regrette le silence de nombre de partis politiques nationaux sur ce dossier et notamment le principal parti de l'opposition, le PS pour ne pas le nommer. Je ne reviendrai pas sur la nature du régime en place, dictatorial et criminel mais dont on a bien accueilli le chef d'Etat à bras ouvert il y a quelques mois, en cédant à tous ses caprices. La résolution de l'ONU prévoyait à l'origine de protéger les civils en instaurant une zone d'exclusion aérienne et un cessez-le-feu et non de changer de régime aussi dictatorial qu’il soit au point de provoquer une guerre civile, ou deux armées combattent sous deux drapeaux différents. Nous n'avons pas à être partie prenante de ce conflit dont on ignore les motivations ou plutôt qu'on les dissimule derrière la sacro-crainte excuse des droits de l'homme de l'homme et de la démocratie qui permettent d'envahir ici et là tel ou tel pays  comme au 19ème siècle on le faisait pour "enseigner la civilisation aux peuples barbares" pour mieux les dominer et exploiter leurs richesses.

Le largage d'armement par l'armée française était tout aussi illégal et immoral et aurait déclenché ailleurs de vifs débats car aujourd'hui ces armes circulent librement dans le Sahel, un cadeau pour les terroristes dont certains se retrouvent membres du CNT reconnu par la France. Comment peut-on croire alors en la lutte contre le terrorisme quand dans le même moment on les renforce ? C’est un leurre. Et je ne pense pas que se soit le rôle d’un pseudo philosophe de dicter notre politique étrangère. Je note également que l'on passe sous silence les informations données par les organisations humanitaires sur les massacres des populations noires à Benghazi. L’acharnement de l’OTAN dans ses bombardements et ses dernières initiatives montrent que seule la solution militaire est choisie et que tout est fait pour empêcher une réconciliation ou un rapprochement entre les Libyens de l’Ouest et de l’Est, au-delà des pros ou antis Kadhafi. Dans une interview accordée au magazine Afrique-Asie de juillet-août 2011, Ali Al-Ahwal, coordinateur général du Forum des tribus libyennes, déclare que les membres du CNT « ne règnent que par la grâce et les armes de l’OTAN, l’argent des Emirs du Golfe ». Concernant les négociations avec les rebelles, il affirme : « nous avons envoyé des émissaires rencontrer les chefs des tribus de l’Est. Les rebelles ont tué l’un d’entre eux. Nous avons organisé une réunion de dignitaires religieux à Brega et demandé aux tribus de l’EST d’envoyer des représentants : l’OTAN a bombardé le bâtiment où ils dormaient ». Ce qui l'amène à conclure que « l’OTAN ne veut pas que les Libyens se concertent entre eux pour décider de leur avenir ».

 

Et qu’on ne s’y trompe cette guerre, contrairement à ce que l’on nous dit, ce sont bien les Libyens qui la paieront une fois que leurs avoirs à l’étranger ne seront plus gelés car nous n’avons pas les moyens de faire la guerre partout. Et après ira-t-on en Syrie, au Bahreïn, au Yémen etc.

 

Si au début j’étais pour cette résolution de l’ONU c’est que son objectif initial était la mise en place une zone d'exclusion aérienne pour protéger les civils et non d’être partie prenante dans cette guerre civile. N’oublions pas que parmi les responsables du CNT on retrouve les membres du régime criminel de Kadhafi qui sont tout aussi responsable des crimes commis par ce régime. Rien ne se règlera par les armes,  on l’a vu en Irak, en Afghanistan etc.

 

Le plus cynique dans notre attitude, c’est qu’on bombarde un pays au nom de la liberté mais on ferme les frontières aux réfugiés de Libye qui fuient la guerre.

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